Site Loader
2383, Chemin Ste-Foy, # 303, Qc
Sapins enneigés en hiver avec soleil à travers les branches

Est-ce que la luminothérapie est efficace et sécuritaire ?

 

Plusieurs études démontrent qu’après une semaine d’utilisation régulière, il est possible d’observer une augmentation de l’énergie et du bien-être chez 60% à 80% des utilisateurs. Il est préférable de commencer le traitement avant l’apparition des symptômes et de le poursuivre tout l’automne et l’hiver jusqu’au début du printemps, car les rechutes sont rapides.

Les effets bénéfiques de la lampe de luminothérapie s’étendent également à d’autres troubles dont la boulimie, le syndrome prémenstruel, la dépression non-saisonnière, les troubles du sommeil et le décalage horaire.

Mes études doctorales effectués à l’Institut Universitaire en Santé Mentale de Québec ont permis d’amener un éclairage nouveau sur le processus thérapeutique de la luminothérapie. En effet, avec le Dr Marc Hébert, nous avons mesuré la sensibilité rétinienne d’un groupe témoin et d’un groupe de gens atteints de dépression saisonnière. Il a été montré que la sensibilité rétinienne des gens affectés de dépression saisonnière se rétablissait à l’été, lors de la rémission naturelle ou suite à quatre semaines de luminothérapie durant la phase dépressive. Ainsi, ma thèse illustre la première preuve biologique de l’action efficace de la luminothérapie !

Les effets secondaires sont rares, mais certaines personnes peuvent ressentir des maux de tête ou des irritations aux yeux. Pour contrer ces problèmes, il s’agit de diminuer l’intensité lumineuse en s’éloignant de la lampe et en raccourcissant la durée d’exposition. De plus, si vous vous exposez trop tard durant la journée, il est possible que vous vous sentiez agité le soir ou la nuit, pour cette raison, il est préférable de faire le traitement en avant-midi.

Concernant les éventuels dommages oculaires résultant de l’utilisation de la luminothérapie, une étude s’est penchée sur l’évaluation ophtalmologique avant et après un traitement allant de deux semaines à six ans chez 50 patients atteints de TAS et utilisant ce traitement de façon quotidienne à 10 000 lux. Les résultats ne démontrent pas de changements oculaires après un traitement à court, moyen ou long terme. De même, une seconde étude longitudinale ne démontre pas de modifications ou de dommages rétiniens suite à l’utilisation chronique de luminothérapie.

Au niveau des contre-indications à l’utilisation de la luminothérapie, les spécialistes s’entendent pour éviter ce traitement chez les gens souffrant de rétinite pigmentaire, de glaucome, de cataracte ainsi que d’autres maladies pouvant affecter la rétine (par exemple, le diabète). Aussi, les gens prenant des médicaments aux effets photosensibles, dont le lithium, ne peuvent utiliser ce traitement par la lumière. Finalement, les personnes âgées ayant des risques de dégénérescence maculaire sont exclues du groupe de personnes pouvant bénéficier de la luminothérapie.

 

Saviez-vous que?

Lorsqu’un appareil de luminothérapie est prescrit par un professionnel de la santé, certaines compagnies d’assurances remboursent le coût?

Vérifiez avec votre médecin les démarches à effectuer et la pertinence pour vous d’utiliser ce traitement pour améliorer votre condition.

 

Éclairage sur les multiples bienfaits de la luminothérapie

 

La principale application de la luminothérapie, et également celle qui est le mieux documentée scientifiquement, concerne la dépression saisonnière hivernale. Ce syndrome saisonnier apparaît lors de l’approche de la saison froide, à mesure que diminue la clarté extérieure.

La luminothérapie pourrait aussi avoir des vertus préventives face à ces mêmes problèmes, entre autres pour les personnes qui, chaque année, ressentent une légère « déprime hivernale » ou celles qui travaillent toute la journée sans voir la lumière du jour, que ce soit dans un bureau ou en usine. Le Dr David Servan-Schreiber en fait état, entre autres, dans son livre Guérir tout comme le Dr Norman Rosenthal dans Soif de lumière.

Alors, si votre moral ou votre énergie n’est pas affecté par le manque de lumière à l’automne ou à l’hiver, il n’est sûrement pas nécessaire de recourir à la luminothérapie. Par contre, pour une personne sur 5 dans notre population canadienne, la luminothérapie pourrait vous aider à contrer ce blues de l’hiver.

On emploie également la luminothérapie pour contrer d’autres symptômes pouvant être associés à un dérèglement de l’horloge biologique interne comme les troubles du sommeil et le syndrome prémenstruel ou pour combattre les problèmes attribuables au décalage horaire ou au travail de nuit. Elle pourrait également être utile dans certains cas de dépression comme le post-partum (à la suite d’un accouchement) ou la dépression non-saisonnière chez les personnes âgées.

 

Appareil de simulateur d'aube

 

Simulateur d’aube

Le simulateur d’aube reproduit les conditions d’un lever de soleil, et sert de réveille-matin. Plutôt que d’être tiré du sommeil brusquement par une alarme ou la radio, l’appareil vous éveille en douceur en commençant à éclairer progressivement la chambre, à une heure préprogrammée. Par exemple, pour un lever à 7 h, la lumière pourra s’allumer doucement dès 6 h ou 6 h 30, et atteindre son maximum d’intensité à 7 h. Cependant, ce type d’appareil ne constitue par un traitement par luminothérapie en soi, mais plutôt une façon « lumineuse » de se réveiller. Chez certaines personnes, elle améliorerait les symptômes d’insomnie ou de dépression, mais peu d’études se sont penchées sur la question. Pour les gens souffrant réellement de dépression saisonnière, un traitement plus intense grâce à une lampe spécialement conçue à cette fin (10 000 lux) est recommandée plutôt qu’un simulateur d’aube, mais rien n’empêche d’utiliser conjointement les deux.

 

Bon hiver à tous!

 

 

Post Author: Marie-Pier Lavoie